Après le dernier train il n’y avait plus de train
Après le dernier verre mon verre est resté vide
Et là au bout du quai les rues étaient arides
Comme un grenier désert où il n’y a plus de grain
Une fanfare au loin grimpait sur la colline
Suivie par des gamins échappés de l’école
Que des mères en vain attrapaient par le col
Récitant en latin des mots que l’on décline
Au fin fond des cités on invente des rimes
Contre la cécité on expose les murs
Et la célébrité se grave dans le dur
Pari d’éternité comme les mots qu’on imprime
En voyant dériver au fil du mur les mots
J’avais presque oublié mon voyage d’aujourd’hui
Les lettres du passé qui jamais ne s’enfuit
Et passant par les pieds revient sous le drapeau
Voyageur immobile assis au bord des villes
Nomade résident à une lieue du ban
Silhouette longiligne près du fleuve qui attend
Une à une les ombres des passants se défilent
Sans se donner le mot les morts nous font l’hommage
De parler en silence des convois d’autocars
Qui les menaient tout droit au grand hall de la gare
Vers la nuit le brouillard et le dernier voyage
Après le dernier train il n’y avait plus de train
Après le dernier mot sur le papier humide
La main sur la paroi, effacée dans le vide,
A gravé comme un cri à lire pour demain
En s’approchant des murs qui nous rendent témoins
Les mots ont la parole et brisent le silence
Le printemps se prépare pour entrer dans la danse
Entre l’huile et la rouille qui ronge le dernier train
Une fanfare au loin réveille un chant tzigane
Des paroles en exil auprès des dépotoirs
Des poèmes en Kabyle dans les cités dortoirs
Des tags et puis des slams sur les wagons en panne
Commentaires
Dans le coeur
mer, 06/04/2011 - 20:40 — JiaimeJiaime
Décidément
mer, 06/04/2011 - 21:57 — kathleenkathleen
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