
(Titre complet: Un doigt sur la gâchette et un autre dans le slip pour donner l'impression d'en avoir une grosse…)
J’arrive devant cette porte sans serrure pour l’ouvrir
Avec un tas d’ordure me disant que c’est celle de l’avenir
Et qu’il est mieux de la tenir fermer car, de l’autre côté,
La peur vicieuse a donné un rencart au pot de peinture noir
De mon corps, sans fenêtre, pour comprendre la douleur
D’apercevoir mon sang d’encre me mener par le bout du nez.
À être trop docile et fossilisé, face à la mort, on termine toujours
Par en devenir son propre esclave même si dans le cœur enclavé
De chaque esclave, en berne, se cache un pétillant révolutionnaire
Pour la tuer, en faire une bouchée, la servir au petit déjeuner.
Je passe les ponts comme les avions par-dessus les monts,
Les camions baisant le bitume jusqu’à la prochaine station,
Les vieux escargots luttant contre les caprices de la météo.
Je traverse une route de campagne, plus j’avance et plus le pire
S’éloigne alors que, dans le jour abattu, j’aperçois une ombre nue
S’appelant migraine se propageant, en ces temps, prônant la misère
Avec la gloire recyclée en pâté comme si aimer n’avait plus d’espoir.
À finir docile et fossilisé, face à la mort, on termine toujours
Par en devenir son propre esclave même si dans le cœur enclavé
De chaque esclave, en berne, se cache un rutilant revolver
Pour la plomber, la cribler, la cibler en la torturant devant la TNT.
La lune éclaire, avec sa lampe torche, un excédent de poussière
Pour lire, sur mon visage, le journal intime d’un intimidé
Par le destin grisâtre qu’on lui a légué, sans ne savoir qu’en faire,
Comme si l’unité du ras de bol était un vulgaire bal de déchets,
La liberté un container de ras de marée où j’envois un voilier
Pour voir si au loin les vallées ont la chlorophylle aussi effacée
Que celle que je foule depuis que sur terre j’y ai posé les pieds.
À être trop docile et fossilisé, face à la mort, on termine toujours
Par en devenir son propre esclave même si dans le cœur enclavé
De chaque esclave, en berne, se cache un armement nucléaire
Pour l’irradier, l’écraser, la raser comme une cité bombardée.
Ludovic Auboeuf, la 02/09/2011.
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