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L’OPIUM DU PEUPLE… (643)

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Si je devais t’écrire la plus longue déclaration d’amour
J’aurais tellement besoin de papier qu’il n’y aurait
Pas assez d’arbres pour recueillir ce que tu m’inspire
Avec tous les mots enfouis dans mon cœur me faisant
Chavirer comme le sol tremblant, quand passe un ouragan,
De peur de finir dévasté, emporté, par la mer déchainée
Dans laquelle se noient les fleuves, les plus petites rivières,
Et moi dans tes yeux pour y mourir à jamais d’amour.

Si je devais te déclarer ma flamme alors aucun cahier
Ne serait jamais assez fou pour accepter de finir immolé
Par les sentiments, se dévoilant de mes larmes, mourant
Pour tapisser la pureté me servant de mémoire infiniment
Petite où tu trouve ta place pour que je ne perde ta trace.
Avec une rature, depuis qu’en moi tu es encrée, je pourrais
Stabiliser la terre tellement sur place tu me fais tourner.
Si je perds le nord alors tu es cet aimant servant à me guider.

À tes côtés parler d’amour est un sujet trop facile à aborder,
Encore plus facile que d’être face au lion pour le dompter
En tombant dans la gueule de la nullité, au premier coup de fouet,
Pour se faire avaler par le plus grand danger de trop se dévoiler.

Si je devais t’aimer comme il est impossible de t’aimer
Je serais grain de sable venant se poser, pour te faire pleurer,
Dans le coin de l’œil pour te dire qu’une fois le mal fait
La souffrance est plus dure à supporter qu’il n’y parait.
Je serais grain de sucre emprisonné dans un yaourt nature
Que ta cuillère chercherait pour en déceler toute la douceur,
Toi mon unique grain de sel égaré dans la houle de l’ennui
Dans laquelle des inconscients décident de s’aimer toute une vie.
Aucun texte ne sera jamais assez élogieux pour te dire à quel point
Tu es cette pointe florale parfumant ce flot se faisant l’assassin
De l’instant, alors que t’embrasser en réalité ne dure qu’un instant,
Comme si l’horloge du bonheur tentait de défier le temps présent.

À tes côtés parler d’amour est un sujet trop facile à aborder,
Encore plus facile que d’être face au lion pour le dompter
En tombant dans la gueule de la nullité, au premier coup de fouet,
Pour se faire avaler par le plus grand danger de trop se dévoiler
Car la difficulté dans ce même domaine est de s’en protéger.

Ludovic Auboeuf, le 19/10/2011.