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La peur

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Dans
le monde des peurs il n'y a pas de sœurs, rien de serein, il y a une
vague de choses qui valsent, t'as une seringue dans le coeur, et tout
qui bastringue comme dans un bal dément, le temps s'étire et t'effraie,
le gris coule de partout, t'es pas frais, dans la cour il y a du jour
mais tu t'en fous, tu es fondant comme de la cire, tu es fondu de
serrures qui t'oppressent dans la tête, t'as un mal qui dit rien et qui
s'entête en toi comme un poison prenant, t'es lourd de pensées comme une
cagette chez le ferrailleur ou dorment depuis des plombes des masses
qui prennent l'ombre indéfiniment, tu ne vis pas, tu regardes le
brouillard des gens qui filent, tu pousses des pas comme des objets
encombrants, tu finis de penser parce que la peur colore d'étranges ta
vision, tu hallucines en bon fou que tu deviens, tu as le sang blanc
tant tu transpires la morosité et le désert des sentiments. Tu es
transparent parce que plus rien en toi ne fais bagarre. La peur est
gluante comme une marée morte, c'est la profondeur d'une mélancolie naît
de ton pourrissement, tu peux mettre de la musique : Elle s'envole ! Tu
peux crier mais dans la vase rien ne sonne, t'es dans le débarras du
monde, dans un air viciè qui dit ta décomposition. La peur est dans ta
tripe comme un oiseau heureux, il te dévore tranquillement, tu ne le
vois pas, ne le sens pas, tu es possédé seulement et tu bouges pour
faire illusion, donner une séduction à un instant, mais ton marécage est
bien là, dans une vivacité de perdu....
Je
continue, miné d'informations, frappés de rêves forts comme des fièvres
ravageuses, nourri de lectures d'espérances, j'avance usé mais jamais
sans voir un cadeau tombant devant mes paumes, j'ai les mains
ramasseuses et le pas me va, il me guide dans le monde et aussi
malhabile que je sois, j'y vois des soirs d'espoirs et tant pis si la
nuit lourde me rend morose d'une réalité débitante. Je ne suis
plus alors que des morceaux épars qui respirent dans l'amertume et le
silence. Parfois le sommeil fait place à un monde apaisant comme coupé
de toute la sécheresse des agités qui courent à la mort en se dandinant
dans des modes de vie chics et débiles. en dedans je suis vivant et je
grimpe au ciel comme une plante vivace, tant pis si dehors je suis
lépreux de déconfitures.