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La ville

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La ville sans pluie revient au jour. Elle s'était éteinte hier, la nuit l'avait couverte.

Le bleu vient peu à peu avec l'aube. L'aube est fraîche. Les bâtiments
sont gris comme des chats de nuit. Les arbres sont peu verts. Ils sont
beaux de vivre dans la rue, les trottoirs délassés sentent l'éternité.
Des gens vont venir, le matin les descend dans les rues. Ils filent vers
des tâches cruciales pour s'absenter. Le travail lave les questions.
Les lumières des fenêtres sont peu
jaune. L'air se promène dans la ville qui en a besoin. Les villes ont
tendances à fermer leur corset. Les villes ont le souffle de leur
brûlures. Le monde qui y vit respire comme il se peut des ambiances de
fers. Rassemblement des hasards échaudés. ça circule ici comme dans les
cathédrales d'autrefois. Les villes ont des toitures pleines de songes,
les oiseaux de nuit les ont survolés. Les voitures matinales vont vites.
Il y a du temps à prendre dans des enfilades d'autoroute. La ville
grince sur le marché, déballage, dépliement et puis paroles d'appâts. Le
bruit peu à peu fait feu, il vibre durement, c'est ça la ville qui
prend son pas, elle claque sa fonction dans des klaxons. Et puis les
moteurs font donner leur emballements de malheurs. La ville prend au
soleil une allure subalterne, trop de travaux en cours paressent. Le
soleil inonde des chantiers vilains où le béton et la boue bêtement
s'accordent d'une laideur. Le marché prend des couleurs et du monde. La
ville est une procession d'inconnus, un processus de cessations, il faut
filer, partir d'un point à un autre comme une toupie instruite par le
tournis. Vider sa tête à la terrasse d'un café. Des chiens décors
encombrent à l'heure des promenades le silence composé. Leur maîtres
sérieux comme des cuistots à la bourre ont des manies de princes
guerriers. C'est eux qui peuvent mordre bien plus méchamment que tout
animal.
La ville est remplie du trop plein de la chose publique. La ville me court sur le haricot.