Je
vais dans la douce lumière, il n'y que ça pour être, le reste est lourd
: le temps, les choses et les gens, tout est dur comme une cloche
d'église. Nous sommes les moutons cuits de la monotonie, des hommes
filoutés par des questions perverses.
Les habits du dimanche sont
des croix. Les femmes sont décorées pour le bonheur. Les enfants foncent
comme des êtres bénis. Les hommes ont trop de foi. Je veux dire : ils
ont des rituels, des habitudes, des manies, la foi des répétitions,
ne peuvent pas entendre l'ange des secrets. Les femmes dansent dans la
nuit, les hommes brillent, les enfants disparaissent. Pourquoi la
république dessine des graffitis hors affiche ? Parce que la propreté ne
convient qu'à la mort et tout ce qui vit laisse une trace. Le corps
respire comme une mouette dans le ton du jour et des usines. Rire
toujours ça pour ouvrir sa tête, rien que ça pour descendre les
escaliers qui mènent aux enfers du quotidien, tiède comme un désert
sorti de l'aube dans la saison du soleil. Mon coeur est un ami
irrégulier. Je le suis puisque je constitue sa niche de bien être. Je
vais partir dans un confort d'hypnose. Respirer pour prendre beau. Voir
par devinette les choses silencieuses qui coulent dans les ombres avec
des formes d'élégances. La réalité a-t-elle du doux à faire dans les
circonstances du monde ? Pour moi le monde est une question profonde,
gratinée, sauvage et quelconque.
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