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Seul, un bout de musique pour tenir debout contre le mur. L'air est vicié, le coeur fatigué, et la chaleur stagnante. Je vais m'évanouir dans un regard bleu. Je deviens gris fermé dans ma coquille dans la vieille ville. Les bâtiments me tiennent des rancœurs, je trouve tout âpre, l'ennui me cerne de questions idiotes. Les oiseaux me diront des grâces et le vent me fera des légèretés. J'ai l'impression d'avoir piétiné des années et ne pas avoir bougé. Les heurts m'ont déformé mais seulement dans la forme, mon fond est coriace d'insouciances. Seul la solitude vertigineuse donne l'idée de la souffrance. Le silence circule si bien de coeurs de silex à coeurs ouverts. Je suis perdu et cerclé des choses qui me chassent. Lourdement tout l'impossible grandit d'un territoire d'un cimetière. Savons-nous dire la vie ?, peut-être la mort nous est-elle plus présentable, vérifiable dans notre bonté d'ombres... J'aimerai oublier la vie, juste un peu, pour la pastel à voir dans un coin nuageux, cette part bleutée d'un ciel qui se cherche. Ma blessure va se taire, va se taire dans un tourbillon de fleurs, bourrasque jouissive des abandons consentis. Nous savons tout de nous. Flemme des questions qui s'envolent vers la plaine. Seul nous portons une densité d'existence mirifique et inconfortable, c'est que nous mourrons vite dans l'affolement. Nous montons à bord des jeux de la vie qui grince. Le monde qui me vient est un semblant d'escorte, une pacotille de camarades. Devenir est toujours une bousculade.