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Le blog de Vincent LAUGIER

Eaux d'automne

D'un ciel plein, je vois la solitude d'un pylone de béton gris ciment, il porte des câbles noirs. Des herbes s'affolent sur les bords des routes. Des branches montent à l'assaut du mat artificiel. Des platanes jettent leur feuilles désuettes. Des virages allongent le voyage. Des fleurs mauves poussent dans la prairie, en contrebas. Des traces d'avions dessinent du blanc dans l'azur étiré et font du bruit parfois quand des pilotes militaires tonnent de leur réacteur et lancent leur engins déchirant, triangles volants portés par le vent.

Errance heureuse

Elle m'avait dit : " viens, on va voir une expo, un ami a des toiles sympas dans une ville proche ". J'ai dit : " oui ". La nuit froide, le train chaud et nous voilà filant sur la passerelle qui nous mène au centre du lieu. Architecture bien découpée, des grandes plantes aux balcons. Je marche la tête en l'air, elle non, elle connaît ces maisons, leur ombres et façades. Des trottoirs propres, des buissons amples, la ville est verte. Nour rentrons dans l'hopital psychiatrique.

Mat est ma tique humaine

En sachant que les centres de rétention administrative coûtent 190,5 millions d'euros à l'Etat français par an d'une part et que Bernard Kouchner d'autre part qui n'est pas du tout mais alors pas du tout étrangers aux affaires s'est empréssé de récupérer 189 000 euros que lui devaient 2 dictateurs africains pour lesquels ce bienfaiteur travaillait pouvez-vous me dire avec quel nombre de tyrans locaux en tout et pour tout il devra traiter pour récupérer la somme nécessaire au bon fonctionnement de ce rouage émminament démocratique de la France Républicaine ?

Hommage

Les souvenirs remontent comme des gens dans la rue, là, ils filent par saccade prés de la gare. Le lointain s’illustre d’une rumeur, le brouhaha des longues attentes. La dissonance, c’est les voitures devenues de trop prés du port. C’est presque la nuit et la foule s’étire, occupante de la route. L’architecture, c’est un rempart de containers empilés et ondulés. L’âpreté, c’est les agents de sécurité aux aguets. La ville, c’est ces lumières criardes qui blêmissent sous le couvert nuageux. La réalité, c’est cette pluie orangée qui brille sous le feu des éclairages prés d’un pont en béton.

L'accordeur

Né dans les années cinquantes, presque mort bientôt, il s’accordait beaucoup de choses, il ne lésinait pas sur la quantité, à l’époque des trolleys bus et des dernières locomotives à vapeurs, il eu l’élégance de s’oxyder l’existence avec de fameuses substances, il promenait son âme vaporeuse dans des districts d’occident, des bars sélectifs ou décline la raison, des brouillards chimiques occupaient la scène ou des débraillés jouaient de l’art avec une décadence obstinée.

Froid ! froid! froid !

Devant si peu de gens comment veux-tu que le monde change ?

J'en ai vu de si froid que je les croyais morts. Ils ont bougés, effroyable ! Je ne peux te dire ce que je

Promeneur érodé

En dépôt sur la planète violette celle des déroutés, sans feu et lent du coeur, ce séducteur réduit va sa déchéance en tant pleurant que son parcours en devient salin et c'est avec cette tête mâchouillée, mélancolique accompli, que son corps se déverse dans la pesante cohue des passants, avec des gestes de balanciers. On dirait un arbre coupé qui s'abat.
La ville est pleine de ces rêveurs essuyés, essorés et desséchés dans la trame du réel ou tout se vide. Il va son âme dans la brume de la rue, le crachin vaguement acide des circulations poussiéreuses.

Le savoir s'invente

Il est des heures mécaniques et des peaux vives. Des temps d'attentes et des coulées de folies. Commettre sa vie demande du ressort. Virement de sensations pour se démettre de l'obscur. S'effacer de l'ancrage des poids morts. S'user savamment pour lancer sa trajectoire d'une légèreté. S'étourdir de mélancolie pour l'oublier. Détenir l'instinct qui t'échappe pour se rouler dedans, s'épuiser d'être une force. Echange pathétique du recommencement avec la vision nouvelle, dire la douceur espérée dans l'étreinte tant attendue. Faire d'un regard une convoitise.

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