A l’arrache, comme on tire sur le cœur la corde du violon
Nouant les noirs sanglots au sang de nos ancêtres
Dans la file innombrable vouée à disparaître
En chemin, en chemise, et le reste en carton
Car nous déménageons à toute heure en tout lieu
Perdant le pantalon, la mémoire, habitudes
Pour gagner chancelant le miroir hébétude
Où l’enfant se refuse à l’étreinte du vieux
Le beau rire qui résonne au milieu du fatras
La parole qui étonne par l’oreille infinie
L’amour que l’on pardonne de n’être que folie
Le repos qui se donne avec ou sans les draps
A l’arrache, à la hache, dans la nuit montgolfière
A cheval sur les jours aux rives des ravins
Incertains, indociles, quand nos rêves en vain
Cherchent le point du jour sur les pentes d’hier
Car là nous demeurons à toute heure en tout lieu
Gagnant même perdant le ticket au guichet
Pour un tour de manège, pour un simple hochet
Que des yeux simples pourraient prendre pour dieu
L’embellie d’une nuit où l’eau mouille au rivage
La joie qui se refuse et se donne par surprise
L’aventure un matin dans la faveur des brises
Le trésor découvert avec ou sans naufrage
A l’arrache, comme on tire sur le cœur la corde de la voile
Nouant les pertes et les fracas au silence des absents
Dans le couloir remué de mille mots d’avents
En chemin, en chemise, et le reste aux étoiles
Car nous nous embarquons à toute heure en tout lieu
Sans même nous mouvoir au milieu des grands arbres
Des vertes frondaisons et des statues de marbre
La tête en déraison et le cœur capricieux
L’espoir comme une fiole enfermant le mystère
Un livre ou une pierre marquant le paysage
L’herbier de nos printemps incrusté dans la page
La misère sereine impose de se taire…
Commentaires
réponse à l'arrache
lun, 06/06/2011 - 20:51 — melC'est une idée, oui je suis
lun, 06/06/2011 - 21:51 — Dreux patrickpentrick
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