Dans les caveaux on prend la pluie
Des gouttes d’eau sur les côtelettes
De l’eau qui suinte des squelettes
Qui ne croient plus au paradis
Roule ta bosse
Roule ta bosse
Roulez carrosses
Roulez carrosses
Ce soir on dort à l’Elysée
Dans les cimetières on dit je t’aime
Avec des fleurs qu’on a coupées
Avec des pleurs emmitouflés
Avec des fleurs de chrysanthèmes
Roule ta bosse
Roule ta bosse
Roulez carrosses
Roulez carrosses
Ce soir on dort à l’Elysée
Dans les écoles on cherche la fenêtre
Et la chaleur du radiateur
La tête qui penche un peu ailleurs
Dans les rêves et les peut-être
Roule ta bosse
Roule ta bosse
Roulez carrosses
Et carabosses
Ce soir on dort à l’Elysée
A la sortie on cherche la porte
Des entreprises et des boutiques
Qui précarisent et qui vous niquent
A coup de stages qui avortent
Roule ta bosse
Roule ta bosse
Roulez carrosses
Et carabosses
Ce soir on dort à l’Elysée
Dans les usines on tourne à vide
On démantèle les heures creuses
En attendant l’équarrisseuse
Des actionnaires toujours avides
Roule ta bosse
Roule ta bosse
Roulez carrosses
Roulez carrosses
Ce soir on dort à l’Elysée
Dans les bureaux on joue des valses
Sur des fauteuils tous éjectables
Un œil ouvert sur le portable
Pour savoir qui perdra sa place
Roule ta bosse
Roule ta bosse
Roulez carrosses
Roulez carrosses
Ce soir on dort à l’Elysée
A l’hôpital on cache misère
Devant la ruine et la souffrance
Qui envahit toutes les urgences
Dans l’impuissance des infirmières
Roule ta bosse
Roule ta bosse
Roulez carrosses
Roulez carrosses
Ce soir on dort à l’Elysée
Dans les palais on se fout bien
De ces français ingouvernables
Enfants de Voltaire et des fables
Loups dont on veut faire des chiens
Roule ta bosse
Roule ta bosse
Roulez carrosses
Roulez carrosses
Ce soir on dort à l’Elysée
Dans les cortèges on bat la rue
Le pavé le tambour la colère
L’automne tremble avant l’hiver
Dans la voix de milliers d’inconnus
Roule ta bosse
Roule ta bosse
Roulez carrosses
Roulez carrosses
Ce soir on dort à l’Elysée
Dans les manifs on trouve l’espoir
On brise le silence solitaire
On gagne des sœurs et des frères
Contre la peur des hommes en noir
Roule ta bosse
Roule ta bosse
Roulez carrosses
Roulez carrosses
Ce soir on dort à l’Elysée
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