En bouquet ou en vrac, coquecigrues et calembours
Pataquès sur le bout de la langue et du calame
J’arpente et je sarcle, j’ente et je racle l’âme
De ses fleurs de patience, de sapience à rebours
Je souffle la calbombe de mèche avec les balivernes
J’asticote les vers pour en faire des lucioles
Des crânes phosphorescents au retour de l’école
Pendant que Claramonde loin du bal hiverne
J’étançonne la coque dans l’estran découvert
J’argue et je mens, j’argumente du vent
Quand par la ville engloutie dans l’étang
Sonne la cloche nostalgique des estuaires
J’étarque la voilure et la barque se cabre
Quand les mots se déchirent sur le récit qui pointe
A quelques encablures d’un grand délire d’absinthe
Qui laisse tomber des cordes au sommet du grand arbre
Et le ravi gigote en dansant la gigue ou la gavotte
Et les maringouins s’étouffent dans le sang des marins
Qui filent leur vérole à la première putain
Retenant un « maman » tout au fond de la glotte
Je cultive les orties et j’arbore ma culture
Pour des fleurs de saison sans mémoire et sans âge
Fleurs de sel de passion de voyelles en voyage
Prêchant l’horticulture et l’arboriculture
Et buvard je perruche sur le boulevard du drame
Je trébuche impécunieux sur d’imposants bavards
Qui savent tout des sciences et des mystères de l’art
Bouvard et Pécuchet pérorant loin des dames
Roublard ou roulier au long des routes noires
Je double les quartiers de noblesse d’une croche
J’accroche à l’Elysée un manteau plein de poches
Des buées et des torches au milieu des miroirs
Et c’est à la lanterne que j’éclaire mon front
D’images reflétées au prisme de demain
Promesses qui fleurissent tout au long du chemin
Dans le praxinoscope de la procrastination
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