Tu regardes le monde
Avec des yeux de fable
Tu cherches sur les tombes
Des noms impronnonçables
Juste au bord de l'abîme
Tu lances des caillous
Et tu jettes à la rime
Des paroles de fou
Tu vas sur les chemins
En t'inventant des rôles
De fou de malandrin
De prince et gentil drôle
Et tu marches dans la ville
En murmurant je t'aime
Au passage des filles
Aux yeux de bohémienne
Dans les yeux policiers
Par leur bouche qui aboie
Tu vois les prisonniers
Qu'on a laissés sans voix
Et tu reprends ta route
De jeune loup affamé
Qui n'aime que le doute
Et les cieux étoilés
Par les nuits musiciennes
Tu guettes les silences
Et les bêtes anciennes
Au regard de patience
Tu dessines sur le sable
La pierre et le gravier
Des mondes ineffables
Qui brûleraient le papier
Tu ne possèdes rien
Pas même ton passé
De parents orphelins
A la mémoire blessée
Tu voyages dans les ports
En rêvant de départ
Vers les îles au trésor
Où chacun à sa part
Dans les yeux des anciens
Par leur bouche muette
Tu vois tous les gamins
Qu'on laisse aux oubliettes
Et tu reprends ta route
De poète affamé
Qui n'aime que le doute
Et les cieux étoilés
Tu traverses les gués
En portant sur ton dos
Le vieillard fatigué
Qui a trop peur de l'eau
Comme l'enfant perdu
Donne vie à son père
Après avoir couru
Les villes et les déserts
Tu n'as pour pavillon
Qu'une étoile solitaire
Pour toute partition
Que les yeux de ta mère
Dont les amours défuntes
Obscursissaient le jour
Sans jamais une plainte
Pour pleurer ses amours
Dans les yeux du passant
Qui reprend ta chanson
Tu vois le jour naissant
Et tu connais ton nom
Au bout de tant d'années
Ce nom impronnonçable
Que tu voyais gravé
Sur la pierre tombale
Tu regardes le monde
Avec des yeux de fable...
soundcloud.com/patrick-dreux/l-enfant-sans-nom-patrick
Commentaires
Je ne m'en lasse pas
mer, 08/06/2011 - 20:53 — JiaimeJiaime
J'ai su sans savoir que
jeu, 09/06/2011 - 21:42 — melPages