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Printemps noir

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Les collines en deuil ont pris le parti fou

De ranger le cercueil là tout au fond du trou

Et l’enfant de novembre revient au mois de mai

Quand la mère au cœur tendre se retire à jamais

 

Le ciel est resté sec dans le vent qui séchait

Les larmes des parents dont les yeux se perdaient

Au lointain des collines et des arbres en fleurs

Lorsque la vie dessine des cernes de douleur

 

Dans le bleu adorable la nuit s’est invitée

Pour embrasser de noir les lèvres de l’aimée

De la sœur, de l’épouse, de la fille, de la mère

De cette enfant qui n’eut qu’une vie éphémère

 

Les vieux vont radotant de leur pas qui vacille

C’est toujours les plus jeunes que la mort déshabille

A l’heure de la retraite la mémoire déserte

Qui marche encore le soir sous les allées couvertes ?

 

La tombe pour toujours ouverte sous le ciel

La rose que l’on jette pour dire adieu la belle

Comme le cœur est lourd à quitter le cimetière

A laisser le cercueil auprès du tas de terre

 

Le printemps privé d’eau a couvert son visage

D’une dentelle grise voilant le paysage

L’enfant d’hier n’entend plus les cailloux

Que l’eau de la rivière mêlait au sable doux

 

Aujourd’hui c’est l’enfant orphelin de sa mère

Qui ouvre ses grands yeux au-devant des lumières

Il faut lui parler d’elle de son rire de sa voix

A l’heure où privé d’elle le père reste sans voix

 

A mots perdus à corps perdu mais éperdu

Parler encore l’amour lorsque l’amour s’est tu

En réponds en accord dans le jour qui déborde

Pour l’enfant qui attend une main qui le borde

 

La vie s’est arrêtée et les fleurs sont coupées

Au bord du temps assis le passant fatigué

Ne comprend pas la mort qui frappe la jeunesse

Faisant cadeau aux vieux d’ennui et de détresse

 

 

 

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