

Je viens de Bogota en déchirant les écrans de cinéma,
Je traverse les rues en me mélangeant aux couleurs de la nuit
Pour partir où bon me semblera vers un autre pays,
Là où la liberté d’être en paix ne mettra pas en péril ma vie,
Je ne suis pas sûr de le trouver car sans papier je suis en sursit.
Elle avait toujours l'air d'arriver d'un autre pays ma mère, d'un pays où la mort était quelque chose d'évitable, ou la vie n'était qu'un présent sans fin, angoissé par le passé, angoissé par l'avenir, détendu en son coeur vide de sens. Un pays souriant de ses propres absences. Parfois, assise lourdement sur son canapé, ses yeux se perdaient devant elle, là où par mégarde elle les avait posés. Figée, le temps semblait couler sur son corps tout rond sans parvenir à y pénétrer vraiment.
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