
J’ai plus d’un ossement étincelant dans le profond de mon petit sac

Je ne suis que gardien du secret de la vie,
Je ne suis qu’une bouteille à la mer, dans les profondes plantée,
Sans savoir d’où venir et encore moins sans même deviner où aller
Au pas
D'une allée cavalière
Entre les hautes futaies
D'une forêt ancienne
Au trot
D'une arène secrète
Qui s'ouvre dans la clairière
Inondée de soleil
Au galop
D'une lande qui s'incline
Jusqu'au bord de la falaise
A l'à pic des oiseaux
Au pas
Au trot
Au galop
Et le vieux cavalier
A l'ombre de la mort
Se souvient
De l'enfant
Qui riait, qui riait, qui riait....
Sur la table napée se trouvent quatre assiettes,
huit verres, quatre serviettes et autant de couverts.
Arrivent quatre hommes, certainement pas des mauviettes :
ils ne porteraient jamais leur cravate de travers.
Leurs costumes alourdis par l'odeur du bitume
ont la taille de ceux qui travaillent très dur.
Ils représentent à eux-seuls une enclume
où ma tête vient cogner, contre le futur.
Ils ont tout l'attirail des soldats sans batailles,
l'un d'entre-eux portent des cartouches dans les yeux.
Nous avons vendangé toute la nuit les orages
Et dans de noirs tonneaux enfermé les éclairs
Des enfants vigoureux tournaient, tournaient les pages
Quand d'autres s'endormaient sur le sein de leur mère
Nous avons vu défiler tous les matins d'été
Les rires, les silences, le ciel bleu et l'amour
L'oeil du nouveau-né, la main nue, la bonté
Pendant que les corbeaux picoraient dans le jour
Les cadavres posés sur le bord de la route
Dans les flashs, le soleil, et les flaques vermeilles
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