
Les papillons sont sortis de leur cocon
Pour colorer le noir de mon horizon.
Si je devais t’écrire la plus longue déclaration d’amour
J’aurais tellement besoin de papier qu’il n’y aurait
Quand Paris se fait nuit,
Au-dessous des immeubles
Un peuple de maudits
Se couche en terre meuble.
J'ai attrapé la nuit pour m'en faire un manteau
Et les pluies en écharpe j'ai arpenté la ville
Ecartant d'un sourire les oiseaux écorchés
Qui tombaient de l'église
Sous mes pas alourdis brisant les coquillages
J'ai senti que la mer s'ouvrait à mes naufrages
C'est la lune qui peine derrière le remorqueur
C'est la grue qui se dresse à l'appel de la pierre
La benne qui déverse les invendus d'hier
Et le coeur à la traîne qui remorque sa peine
Une danseuse sur un fil au-dessus de la ville
Il suffirait de jeter des fleurs aux scarabées bleus, des pacotilles aux gens sans peine, des stylos rouges aux marchands suisses
Et peu importe la mélodie des cœurs contrits, la mélopée des pleureuses, éplucheuses d'oignons et de sentiments d'artichaut.

Je me souviens qu’hier, dans les profondeurs d’une vie antérieur,
Je fus cet oiseau de cire d’un bleu exquis pour me confondre
Avec le ciel, les rivières, le soleil et parfois même le sel de mer
Nourrissant la plage pour caresser du pied le sable du bonheur.

Milles excuses mon amour si gourmand je dévore ton regard,
Si je fonds dans les obscurs précipices pour aller au plus profond
De tes yeux, en regardant depuis le nombril de mon vieux balcon,
Si dans la piscine où nagent tes émotions, ton cœur en fusion,
Se dévoile par la fenêtre de ton innocence celui de ton propre père
Entre les lianes de tes humeurs allant de la gaieté vers la colère.
Gravir la colline de ce mystère restera ma plus belle des guerres.
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