Sur les têtes,
Habillés comme à la fête,
Cent valeureux chapeaux
Déambulent dans le métro.
Il est tôt.

Au café de l'Absinthe,
affalées sur le zinc,
les âmes ont l'habitude
des grandes solitudes.
Leurs bouches pendant des heures
parlent sans s'ouvrir
et on les entend rire
sans les voir s'unir.
Au café de l'Absinthe
le patron est des leurs.
Quand sa journée l'éreinte
il quitte son labeur,
pose un coude sur le zinc
et se met à sombrer
dans la nuit des tropiques
que les autres ont conté.
IL lui avait dit qu'il aimerait être à la veille pour qu'aujourd'hui soit à nouveau demain.
Que cette journée recommence,toujours à son début avec jamais de fin sinon plus belle encore que l'instant présent.
Il l'avait souhaité avec tant d'envie ,de désirs en fermant les yeux qu'il aurait cru possible d'exaucer lui même son propre voeu;mais la journée était passée,et pire encore,plus rapide que n'importe quelle autre journée de sa vie.
"Aujourd'hui" s'est donc muté en"hier";
Je déteste ce mec qui dit : « je ». Toi-même, idem, tandem. Ni l’un ni l’autre, forceps, la tête. Un trône entre les dents, craché. Vous êtes combien là-dedans ? Pas compté, deux, trois, trop, pas d’accord. La tête nous joue des tours de contrôle. Je dis je. Tour de passe-passe, toujours là, ici, en face, pas de place. Les dents dans la brosse à dents, les cheveux dans le peigne, les yeux dans les lunettes, miroir, miroir, miroir. Lui casser la gueule, sa belle gueule de montre qui ne donne jamais l’heure, ou toujours la même, la sienne. Une histoire, vite une histoire, qu’on en sorte. Je ne sais pas, je a déjà tout dit. Fouille, fouille ta merde, ta mémoire, tes papiers, fouaille. Quand je n’a rien à dire, je ferme sa gueule. La gueule de qui ? On se fout de la gueule de qui ?
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